Regard sur une candidature offensive : à la reconquête de la colline !

14 Fév

 

Antoine RUFENACHT © STRADEFIBIS™

« Prendre la colline ! » Tel pourrait être le mot d’ordre donné par la candidate UMP Catherine FLAVIGNY, ancienne adjointe de Françoise GUEGOT lorsque celle-ci fut Maire de Mont-Saint-Aignan, de 2001 à 2008. Reste à savoir, en 2014, si ce mandat aura été une parenthèse, ou si ce sera le cas du mandat du socialiste Pierre LEAUTEY, l’actuel Maire à la tête d’une inconfortable (pour tous les protagonistes) majorité.

Jeudi 10 février, 20:30. Débutait la première réunion publique des candidats de l’UMP Catherine FLAVIGNY et son jeune suppléant Edouard CHAUVRIS. Ayant suivi le début de la réunion publique de lancement du projet de création de commune nouvelle (cf. mon dernier billet sur le sujet), j’ai rejoint la réunion qui se tenait au Rexy, dans le quartier du Village, vers 21:30, arrivant à temps pour entendre les interventions de la candidate et de ses deux invités, dont un prestigieux : Monsieur Antoine RUFENACHT, ancien ministre, ancien Maire du Havre et ancien président de la CODAH (agglomération havraise). Si sa présence peut surprendre (je ne crois pas avoir jamais vu Monsieur RUFENACHT à Mont-Saint-Aignan depuis 1997, date de mon installation dans la commune), la surprise peut être plus grande encore, paradoxalement, de constater que la seconde invitée était Mme Françoise GUEGOT, député de la 2e circonscription, que le redécoupage électoral a amputé du territoire de la commune de Mont-Saint-Aignan pour l’injecter dans la 1ère circonscription … sans doute pour permettre à l’actuel député de conserver sa circonscription malgré son éjection de la mairie lors des dernièrs élections municipales. Assistaient également à cette réunion, entre autres, l’ancien Député de Rouen Patrick HERR, l’ancien Conseiller général d’un canton de Rouen Bertrand BELLANGER, ou encore l’ancien Conseiller général du canton de Mont-Saint-Aignan Gérard SIMON.

Les questions posées par l’auditoire constitué par une centaine de personnes recentrent la rencontre autour des compétences du Département et des politiques qui sont ou peuvent/doivent y être menées :

  • la dépendance des personnes âgées et le « retour sur investissement » de l’APA (allocation d’Autonomie aux Personnes Âgées) : Françoise GUÉGOT répond par une taxation de la transmission du patrimoine.
  • le dérapage du Département sur la politique de l’eau : « Charles REVET [NDR : le prédécesseur de Didier MARIE à la tête du Département] a laissé 800 millions d’euro, intervient un habitant, la Droite remplit les caisses que la Gauche vide en gaspillant l’argent public !« 
  • l’augmentation de l’endettement du Département (multiplié par 3,5) et les conditions des emprunts réalisés : Antoine RUFENACHT répond qu’il ne croit pas que la dette contractée soir basée sur des fonds structurés et que la gestion reste « saine » sur le plan de l’éthique.
  • la distinction des compétences du Département et des autres collectivités : Françoise GUÉGOT répond. « Seule la commune dispose de la compétence générale en 2011« , précise-t-elle. « Pierre LÉAUTEY revendique la paternité de la crèche ou encore de l’ESITPA« , rappelant que ces projets ont été votés par la majorité qu’elle dirigeait avant lui. Elle indique que la réforme des collectivités territoriales cadre mieux les compétences de celles-ci, et que le Département pourra toujours financer la culture et le sport, par le biais des subventions aux associations, le tourisme ainsi qu’un troisième domaine qui fait défaut à sa mémoire, mais que la compétence obligatoire et essentielle du Département concerne l’action sociale.

Antoine RUFENACHT complète la réponse de Françoise GUÉGOT : les routes départementales, le soutien aux associations, la gestion équipementale des collèges et l’action sociale sont les compétences du Département, qui accompagne financièrement également certains projets communaux. Il rappelle ensuite les compétences de l’agglomération (transports en commun, déchets, eau …). Puis il vise, toujours sans le nommer, le président de la CRÉA [NDR : Laurent FABIUS (PS), Président de la Communauté Rouen-Elbeuf-Austreberthe], se moquant du nombre incroyable de vice-présidents de l’agglomération (45), affirmant que le Maire de la ville-centre devrait être de droit le président de l’agglomération et assène : « Valérie FOURNEYRON a gagné la Ville, c’est Laurent FABIUS qui rafle la mise ! » Tiens, là, il les nomme … puis, feignant de s’intéresser à Mont-Saint-Aignan, qui « doit revenir dans le droit chemin ! » Selon lui, Catherine FLAVIGNY doit insister dans sa commune sur la concurrence entre le Conseiller général sortant [on connaît l’habitude de l’ancien Ministre à éviter le citer le nom des adversaires, pour « ne pas leur faire de publicité » …] et deux de ses adjointes au Conseil municipal [NDR : Stéphanie TALEB-TRANCHARD (EELV) et Martine GEST (PCF)]. Il enfonce le clou : « Le seul fait qu’il y ait trois candidats issus de la majorité municipale est ingérable et inacceptable !« . Catherine FLAVIGNY déclare que « l’équipe municipale étant divisée en trois, nous devons être présents au premier tour et la synergie qui peut en découler nous est favorable. D’ailleurs, il n’y a pas un dossier qui soit étuidé par l’ensemble de la majorité, nous nous en rendons bien compte ! Quand vous interrogez une élue sur cette question, vous attendez une réponse qui ne vient pas ! Les Verts tombent des nues en découvrant les dossiers, en même temps que nous !« 

Dans le public, Pierre-Marie HÉBERT, représentant du Port autonome de Rouen, intervient : « Pierre LÉAUTEY préside le Conseil de surveillance du Port, il est venu une seule fois en trois ans ! » et adresse son soutien et ses espoirs à la candidate UMP, pour qu’elle « vire en tête au premier tour grâce à la division de la Gauche« .

Antoine RUFENACHT lâche : « Il faut remettre Mont-Saint-Aignan et l’agglomération de Rouen sur leurs jambes : les reconquérir ! » insiste l’ancien Maire du Havre et ancien Président de la CODAH (agglomération havraise). « Si nous nous mobilisons, nous gagnerons. Si nous perdions, vous en subiriez les effets dès le lendemain !« . Le ton est donné, l’objectif est clair.

Françoise GUEGOT, Catherine FLAVIGNY, Edouard CHAUVRIS et Antoine RUFENACHT © STRADEFIBIS™

 

Catherine FLAVIGNY de conclure, exhortant des partisans convaincus à l’aider : « Nous devons gagner et refaire basculer la Ville après avoir gagné le canton !« 

L’opposition est vive, l’hostilité entretenue à l’encontre du Conseiller général sortant, et la campagne promet d’être offensive ! Cette réunion me donne néanmoins une légère impression de fébrilité de la part de l’UMP à Mont-Saint-Aignan. La présence d’Antoine RUFENACHT me laisse penser que l’UMP considère que la victoire est loin d’être acquise aux cantonales, malgré les tentatives pour se rassurer en visant la division des adversaires, et que les scrutins des 20 et 27 mars prochains n’est qu’une étape qui mène au combat de l’élection municipale de 2014 …

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :